
La récente déclaration de la CENCO suscite un débat important sur notre démocratie. Et c’est précisément de cela qu’il faut parler : la démocratie, la vraie.
Avant de publier son communiqué, la CENCO a reçu et écouté différentes sensibilités politiques. Elle a entendu ceux qui défendent le changement institutionnel comme ceux qui s’y opposent. D’un côté, des personnalités de l’opposition ; de l’autre, des représentants de la majorité présidentielle. Chacun a exposé ses arguments. Puis la CENCO a tiré ses conclusions et rendu publique sa position.
Jusque-là, rien à redire. C’est même l’essence du débat démocratique : écouter les différentes opinions avant de se forger une conviction.
Mais alors une question fondamentale se pose.
Si la CENCO s’est accordé le droit d’écouter le camp du Oui et le camp du Non avant de se prononcer, pourquoi refuserait-elle au peuple congolais le droit d’accomplir exactement le même exercice ?
Car ce que la CENCO a réalisé dans une salle de réunion, à une échelle restreinte, porte un autre nom lorsqu’il est appliqué à l’échelle de toute la Nation : cela s’appelle un RÉFÉRENDUM
Le référendum C’est permettre au peuple souverain primaire d’écouter les arguments du Oui, d’écouter les arguments du Non, puis de décider lui-même.
Dès lors, comment peut-on considérer comme légitime qu’une conférence épiscopale entende les deux camps pour se faire une opinion, mais considérer comme illégitime que quarante, cinquante ou cent millions de Congolais puissent faire la même chose ?
La démocratie ne s’arrête pas aux portes d’une église. Elle ne se limite pas à quelques experts, à quelques leaders politiques ou à quelques responsables religieux. Elle appartient à tous les citoyens.
C’est précisément dans cet esprit que le Président de la République a appelé à la réflexion, au dialogue et au débat national. Non pas pour imposer une conclusion, mais pour permettre aux idées de s’affronter dans le respect, afin que la volonté populaire puisse s’exprimer.
Le peuple congolais est le souverain primaire. C’est lui qui confère la légitimité à toutes les institutions de la République.
Donc Après avoir elle-même entendu le Oui et le Non, la CENCO devrait reconnaître une évidence démocratique : le peuple congolais a lui aussi le droit d’entendre le Oui et le Non, puis de se prononcer librement.
Et ce droit porte un nom en démocratie : le référendum.
La rédaction