
Kinshasa, 20 juin 2026 – Le mot a suffi à embraser la toile. Devant la diaspora à Houston après le match nul RDC-Portugal, Félix Tshisekedi a employé le terme « chien ». Depuis, l’opposition crie à l’insulte. Ses proches, eux, parlent de malentendu.
Réponse du berger au troupeau samedi à Kinshasa : le Rassemblement des Compagnons d’Étienne Tshisekedi pour le Changement et le Progrès Social, RCET-CPS.
« C’est une métaphore, pas une injure »
Pour Jean-Pierre Lisanga Bonganga, coordonnateur du RCET-CPS, le débat est biaisé.
« Les propos du Président ont été découpés, isolés, instrumentalisés. C’était une image, une métaphore populaire pour secouer, pas pour rabaisser », tranche-t-il.
Le RCET-CPS accuse ses détracteurs de « lecture littérale ». Selon lui, sans le contexte de Houston et le ton employé, on ne peut pas saisir le sens réel. « En politique, l’image parle plus fort que le dictionnaire », ajoute Lisanga Bonganga.
Le spectre de Kabila brandi
Pour montrer l’incohérence, le RCET-CPS sort l’archive. « Le chien aboie, la caravane passe ». Phrase fétiche de Joseph Kabila, reprise pendant des années sans tollé.
« Quand l’autre le dit, c’est de la sagesse populaire. Quand le président Tshisekedi parle, c’est un scandale. Cherchez l’erreur », ironise le coordonnateur.
La RDC coupée en deux
Sur Facebook, TikTok, WhatsApp, la guerre des clips fait rage. Les uns dénoncent un « mépris présidentiel ». Les autres appellent à « ne pas tomber dans le piège de la diversion ».
Pour un analyste, le vrai sujet n’est plus le mot, mais la fièvre politique : « Chaque phrase du Chef devient un champ de bataille. On commente la forme parce qu’on n’a plus d’arguments sur le fond. »
La présidence piégée par ses mots
L’affaire pose une question simple : comment parler sans être piégé ? Dans l’ère du 15 secondes vidéo, toute métaphore peut devenir une bombe.
Le RCET-CPS a choisi la contre-attaque verbale. Mais suffira-t-elle ?
« Il faut expliquer, oui. Mais il faut aussi peser chaque mot quand on s’adresse à 100 millions de Congolais », conclut un cadre de la société civile.
La polémique « chien de chasse » n’est donc pas close. Elle nourrira encore les plateaux, les débats et les meetings, tant que le ton restera une ligne de front en RDC.
La rédaction