
Kinshasa, 10 juin 2026 – L’Ambassadrice de la France pour les droits humains et chargée du devoir de mémoire, Isabelle Rome, a salué mercredi à Kinshasa l’engagement de la République démocratique du Congo en faveur de la justice et du respect des droits fondamentaux, à l’issue d’une audience avec le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali.

Ancienne magistrate et ancienne ministre française, Mme Rome a souligné l’importance du dialogue entre responsables engagés dans la promotion de l’État de droit et de la dignité humaine.
« J’ai eu le plaisir de rencontrer un homme de droit profondément attaché au respect des droits humains. Nous avons eu des échanges très constructifs sur des questions essentielles liées à la justice et à la mémoire », a-t-elle déclaré à l’issue de la rencontre.
Les discussions ont principalement porté sur la justice transitionnelle, le devoir de mémoire et la lutte contre l’impunité. Le Ministre d’État a toutefois souligné les limites d’une véritable politique mémorielle tant que les violences persistent dans l’Est de la RDC. Il a plaidé pour une stratégie durable de préservation des lieux de mémoire, évoquant notamment le mémorial de Kisangani, aujourd’hui en état de dégradation faute de réparation effective et d’indemnisation adéquate des victimes.

Guillaume Ngefa a également insisté sur la nécessité de poursuivre non seulement les auteurs matériels des massacres, mais aussi leurs commanditaires militaires et politiques. Il a particulièrement évoqué les crimes commis dans l’Est du pays, où le mouvement rebelle M23, soutenu par le Rwanda selon les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux, continue de se rendre responsable de graves violations des droits humains.
Interrogée sur la situation des droits humains en République démocratique du Congo, Isabelle Rome a rappelé qu’« aucun pays n’est exemplaire » dans ce domaine. Elle a souligné que le respect des droits fondamentaux constitue un processus permanent exigeant transparence, évaluation et amélioration continue.
La diplomate française a notamment mis en avant le principe de redevabilité comme outil essentiel de mesure des progrès accomplis. Elle a salué les efforts déployés par la RDC pour renforcer sa participation aux mécanismes internationaux de protection des droits humains et consolider ses engagements en faveur des normes universelles.
Pour Mme Rome, l’implication croissante de la RDC au sein des instances internationales compétentes témoigne d’une volonté réelle de renforcer les garanties offertes aux citoyens et de promouvoir une gouvernance fondée sur le respect des droits fondamentaux.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération entre la RDC et la France dans les domaines de la justice, des droits humains et de la gouvernance démocratique. Elle illustre la volonté commune des deux pays de promouvoir les valeurs universelles consacrées par les instruments internationaux de protection des droits de l’homme.