
Organisée à Kinshasa le 15 juin 2026 par le Réseau des Médiatrices de l’espace SADC en RDC, la Tribune d’expression des actrices de paix a réuni des femmes engagées dans la prévention des conflits, la médiation et la consolidation de la paix autour du thème : « Rôle des femmes médiatrices et structures de paix face aux défis contextuels actuels en RDC ». Cette rencontre a servi de cadre de plaidoyer en faveur d’une représentation effective des femmes dans les processus de paix et les espaces de prise de décision en République démocratique du Congo.
Les échanges ont porté sur la place des femmes dans les mécanismes de prévention et de résolution des conflits ainsi que sur les défis auxquels elles sont confrontées dans l’exercice de leurs missions. Intervenant au nom des participantes, Mme Élodie Ntamuzinda, experte en genre, gouvernance, processus électoraux et médiation des conflits, a souligné que les femmes demeurent sous-représentées dans les espaces de décision relatifs à la paix, alors même qu’elles jouent un rôle déterminant dans la médiation communautaire et le renforcement de la cohésion sociale.
Les participantes ont estimé que les difficultés persistantes dans l’Est de la RDC mettent en évidence les limites d’une approche qui ne valorise pas suffisamment l’expertise des acteurs de terrain. Elles ont ainsi plaidé pour une implication accrue des femmes, des jeunes, des confessions religieuses, de la société civile et des communautés affectées dans les initiatives de dialogue et de recherche de solutions aux conflits.
Elles ont rappelé que la Résolution 1325 et la Résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies, ainsi que l’Agenda 2063 et d’autres instruments de l’Union africaine relatifs à la paix et à la sécurité, reconnaissent le rôle essentiel des femmes dans la prévention des conflits, la médiation, la réconciliation et la consolidation de la paix. Malgré ce cadre normatif, elles ont regretté que leur participation demeure largement insuffisante dans les espaces décisionnels liés aux processus de Washington, de Doha et à la médiation africaine.
Les participantes ont dès lors appelé les autorités congolaises, les organisations régionales et les partenaires internationaux à garantir une représentation effective des femmes dans les négociations en cours ainsi que dans la future table ronde sur la paix, l’unité et la cohésion sociale en République démocratique du Congo.
Au-delà du plaidoyer en faveur d’une meilleure représentativité, cette tribune a également constitué un cadre de réflexion sur le renforcement des structures de paix et la promotion d’une gouvernance plus inclusive face aux défis sécuritaires et sociaux auxquels le pays demeure confronté.
Nenette Fwamba