
Kinshasa, 10 juin 2026 — Au terme du briefing presse tenu mardi 9 juin au Studio Maman Angebi de la RTNC, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a présenté l’état des lieux des chantiers engagés dans le secteur et surtout les perspectives de modernisation de la voirie urbaine et des grands corridors routiers en République démocratique du Congo.

Selon le ministre, la priorité est désormais double : assurer la qualité des ouvrages grâce à l’adoption de règles techniques nationales et accroître la connectivité du pays par la remise à niveau et l’extension du réseau routier.
### “La plus grande résolution” : des normes nationales pour les Travaux publics
Insistant sur le contenu des résolutions issues de la première Conférence nationale sur les infrastructures, dont il rappelle qu’elle a été initiée et conduite par le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, John Banza Lunda a expliqué que l’une des principales décisions concerne l’élaboration de normes nationales.
« C’est la plus grande résolution de cette Conférence nationale », a-t-il déclaré.
Pourquoi ces normes ? Le ministre a répondu sans détour : « Depuis l’indépendance, le pays ne s’est jamais doté de normes », souligne-t-il.
Pour concrétiser cette ambition, le ministre annonce la tenue d’un atelier d’élaboration des normes, avec un calendrier précis :
– 10 mois pour mener les travaux de réflexion et de production ;
– viser au moins 350 normes dans les domaines des Travaux publics.
Le ministre estime que ce chantier normatif permettra de renforcer la qualité, la durabilité et la fiabilité des infrastructures à travers tout le territoire, tout en limitant les risques d’exécution non conforme, source de blocages et de retards observés sur certains tronçons.

### Kinshasa : 6 000 km de voiries à bâtir ou moderniser, objectif 1 000 km
S’agissant de la voirie urbaine, John Banza rappelle que la Constitution confère cette compétence aux provinces, le Gouvernement central jouant un rôle d’appui dans le cadre de l’unicité de l’État.
Toutefois, face aux réalités du terrain, le ministre a souligné l’ampleur des besoins, notamment à Kinshasa, où l’objectif est de moderniser et étendre progressivement le réseau. La capitale, a-t-il indiqué, nécessite environ 6 000 kilomètres de voirie pour répondre aux dynamiques de croissance démographique et aux exigences du développement urbain.
« Nous travaillons pour atteindre mille kilomètres de voiries », a-t-il rassuré.
Le ministre a également cité des progrès déjà enregistrés à Bunia, Mbuji-Mayi et Kalemie, tout en évoquant l’existence de projets en cours ou en préparation dans plusieurs autres villes, notamment Bumba, Lisala, Lodja, Kabinda, Lumumba-ville, Tshikapa et d’autres agglomérations.

### Grands corridors routiers en chantier : routes nationales, autoroutes et ponts modernes
Outre la voirie urbaine, John Banza a mis en avant les grands corridors routiers nationaux.
Parmi les axes stratégiques évoqués :
– Route nationale n°1 : d’environ 3 300 km, reliant Banana à Sakania, traversant le pays d’ouest en est.
– Route nationale n°2 (Mbuji-Mayi – Bukavu) : en cours, avec la construction annoncée de la première autoroute congolaise à deux fois deux voies.
– Le projet prévoit également un pont moderne de 714 mètres entre les provinces de la Lomami et du Maniema, présenté comme le deuxième plus long ouvrage du pays après le pont Maréchal.
– Route nationale n°4 (Kisangani – Beni) : contrat en réajustement afin d’accélérer l’exécution.
– Route nationale n°7 (Kananga – Kisangani via Sankuru et Tshuapa) : études techniques achevées.
Le ministre a aussi mentionné d’autres réseaux prioritaires, notamment :
– le réseau de la Route nationale n°6 dans le nord-ouest du pays ;
– les Routes nationales n°12, n°16 et n°17 dans le Kongo Central et à l’ouest de la RDC ;
– ainsi que plusieurs connexions vers Mbandaka et Kisangani.
### Une ambition : relier les provinces et accompagner le développement économique
Au-delà des chiffres, John Banza a présenté l’ambition globale du Gouvernement : renforcer la connectivité entre les provinces et reconfigurer le réseau routier national afin d’accompagner le développement économique et l’intégration territoriale.
### Un rythme renforcé malgré des défis sécuritaires
Interpellé sur la réalité des défis, le ministre a reconnu que les contraintes restent “énormes”. Mais il a rappelé un élément déterminant pour expliquer la conjoncture du pays : « Nous sommes en guerre d’agression, il ne faut pas l’oublier ».
Il a toutefois affirmé que l’État poursuit un programme ambitieux de désenclavement par la route portant sur 23 800 kilomètres. En projection, il estime qu’à ce rythme, d’ici dix ans, la RDC pourrait construire au moins 60 000 kilomètres de routes.
###Un bilan des ouvrages réalisés :
ponts ultramodernes, aéroports, ports…
Pour étayer ses propos, John Banza a cité un bilan jugé largement positif :
– 301 ponts ultramodernes ;
– des aéroports et aérodromes ;
– ainsi que des ports.
Normes, modernisation et connectivité au cœur de la nouvelle dynamique
Au final, le message du ministre est clair : la RDC veut passer à une nouvelle étape — moins d’improvisation, plus de normes, et une accélération de la construction et de la modernisation du réseau routier au service de la mobilité des populations et du développement national.